Réforme de l’assurance-emploi: une réforme idéologique?

J’aimerais réagir ici à un billet intéressant et bien documenté, qui m’a donné envie de démarrer une polémique puisque je ne partage pas entièrement le point de vue exprimé. La présente réponse est en fait une copie intégrale d’un commentaire que j’ai fait sur le blogue en question. Le but est de lancer une discussion avec vous sur un sujet qui, à ma surprise, est demeuré absent de notre blogosphère jusqu’à présent.

Comme l’auteur du billet en question, je suis d’accord avec toute initiative visant à contrer les abus. Cependant, je ne crois pas que ce soit le but premier de cette réforme, qui m’apparaît avant tout idéologique pour les raisons suivantes:

1) La caisse de l’assurance-chômage produit un surplus depuis plusieurs années — il n’y a donc pas de fondement économique à cette réforme selon moi;

2) Certains prestataires pourraient être contraints d’accepter un travail à 1 heure de route, les menant à dépenser pour le transport, tout en perdant une certaine qualité de vie — tout ça pour un travail potentiellement moins payant. Je ne vois donc aucun fondement social dans cette réforme, qui m’apparaît au contraire nuire à la situation de certains;

3) Je n’ai pas entendu parler d’un allègement des contributions effectuées à la caisse du chômage, ce qui veut dire que nous allons payer autant. De plus, je n’ai aucunement entendu parler d’une autre allocation pour les surplus qui seront dégagés par cette réforme, qui m’apparaît conséquemment n’avoir aucune motivation fiscale;

3) Les premiers touchés par cette réforme, vous l’avez dit, sont les travailleurs des régions ressources, surtout québécoises — régions qui, pure coïncidence, n’ont pas voté pour les conservateurs. Je vois donc dans cette réforme un fondement purement idéologique.

Bien entendu, tout cela ne représente que mon humble opinion. Néanmoins, ce ne serait pas la première fois que ce gouvernement prend des décisions idéologiques, au détriment de l’économie, de la fiscalité et de l’équilibre social.

Et vous, qu’en pensez-vous?

Cette semaine dans la blogosphère: remises en question théoriques

Je continue de trouver fort intéressantes les publications et — point important — les interactions qui animent les billets de blogues. Ces interactions sont d’autant plus intéressantes du fait que vous êtes fort nombreux dans le cours cette année. Et, finalement, ces interactions m’interpellent autant lorsqu’elles ont lieu entre vous que lorsqu’elles ont lieu entre un blogueur et les théories discutées en classe.

Cette semaine, vous avez été plusieurs à ouvrir des discussions avec le contenu même du cours; j’aimerais ici mettre en relief les grandes lignes de ces débats.

Tout d’abord, richardrabillon évoque une campagne de marketing australienne pour revenir de façon fort pertinente sur la notion de société de consommation mise de l’avant par Baudrillard. Axellesourisse revient pour sa part sur l’affaire Florence Cassez pour illustrer les visées idéologiques qui peuvent teinter les discours massmédiatiques. Blackdulce fait un retour et une synthèse adéquate sur le contenu du cours, tout en y ajoutant une piste de réflexion sur une notion que nous n’avons pas encore abordée, à savoir l’individualisme. Et il y a ce billet de thomquebec sur la dématérialisation, billet que je trouve à la fois intéressant et rempli de pistes de réflexion et de débat.

Finalement, j’aimerais revenir sur certains billets qui illustrent de façon exemplaire des applications du contenu du cours sur des discours ou des situations qui caractérisent notre époque: reflexionetmedia revient sur un billet qui a déjà suscité quelques commentaires, et poursuit la discussion sur la dématérialisation à l’ère du numérique; et, finalement, simondesc revient sur la série Amour, haine et propagande pour la mettre en rapport avec nos discussions sur la propagande et son rôle idéologique.

Je vous invite bien entendu à lire et commenter ces billets, ainsi que les nombreux autres billets fort intéressants que je n’ai pas mentionnés ici…

Hollywood et les sentiers (beaucoup trop) battus

Voici un éditorial fort intéressant sur deux films hollywoodiens nécessitant une réflexion approfondie sur le rôle du cinéma populaire américain dans la réécriture de l’histoire, à savoir Argo (Affleck, 2012) et Zero Dark Thirty (Bigelow, 2012). À lire si vous désirez voir comment les théories discutées en classe peuvent permettre de penser la culture filmique contemporaine.

Cette semaine dans la blogosphère: polémiquons!

Le principal commentaire qui me vient à l’esprit à l’issue de ma lecture des billets de cette semaine: un certain nombre d’entre vous s’est amusé à lancer des questionnements et à susciter la discussion — voire même la polémique. Cela me plaît immensément! Je vais donc revenir ici sur quelques-uns des billets qui mettent en relief des questionnements susceptibles de donner lieu à des débats. N’hésitez surtout pas à sauter dans la mêlée en allant commenter les billets en question!

Tout d’abord, simondesc revient sur les événements du printemps dernier pour s’interroger sur le rôle joué par les médias sociaux — particulièrement Facebook — dans la diffusion d’une information plus équilibrée. En effet, alors que plusieurs journaux et médias d’information à large distribution martelaient l’argument creux et redondant de la « juste part », disséminé par la ministre de l’Éducation (et du loisir et du sport) de l’époque, les médias alternatifs proposaient de véritables réflexions sur la dimension factice de cet argument. Bref, un billet qui pose des questions fort pertinentes dans le cadre de notre cours, et qui appelle certaines discussions.

Ensuite, le blogue Com|masse propose un billet tout à fait d’actualité au sujet du premier épisode de la deuxième saison de 19-2, diffusé cette semaine. Cet épisode a fait les manchettes avant même sa diffusion, pour des raisons évidentes, et que ce billet de blogue explore. Il en ressort des questionnements qui méritent, selon moi, une certaine attention. Dans un billet qui aborde une problématique fort différente, mais tout aussi actuelle, jmrudent questionne les possibles bienfaits du piratage d’œuvres d’art (filmiques, dans le cas de ce billet). Je trouve que les questionnements que soulève ce billet sont tout à fait justes, et fort à propos pour notre cours qui, après tout, se centre sur l’industrie culturelle. Cette industrie fait preuve d’un immobilisme tout à fait extraordinaire face aux potentiels du numérique.

Finalement, deux billets m’ont plu par leurs réflexions à saveur générationnelles. Tout d’abord, deginetdetonic se demande si notre rapport aux objets technologiques ne tend pas un peu vers une dépendance malsaine. Son billet en vient à questionner les parents issus de la génération X, qui tendent à mettre un iPad dans les mains de leurs enfants pour avoir la paix — un questionnement qui appelle toute une polémique selon moi. Et finalement, dans la même veine, communic’arth questionne la capacité des jeunes issus de la génération Y (autrement connue sous le nom de Net-Gen) à entretenir un rapport plus profond avec la culture. Ce questionnement, fort pertinent, tient de ce que cette génération serait trop marquée par une logique « hypertextuelle » pour pouvoir se consacrer à la lecture approfondie d’une seule source — savante de surcroît. Ces deux billets appellent des polémiques qui me paraissent fascinantes, sans doute dû que mon année de naissance (1976) correspond pour plusieurs au passage de la génération X à la génération Net (Y). Je suis dans un flou identitaire générationnel!

Cette semaine dans la blogosphère: un début en force!

La lecture des premiers billets de blogue d’un nouveau groupe d’étudiants demeure un moment que je trouve agréablement fascinant, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que j’apprends à connaître vos intérêts en lien avec le cours; ensuite, parce que j’apprends à vous connaître en tant que blogueurs, à travers un lien beaucoup moins direct qu’en classe; et finalement, parce que je lis régulièrement des réflexions qui apportent des contributions enrichissantes aux discussions ayant eu lieu en classe. En ce début de session, ma lecture de vos blogues s’est révélée particulièrement agréable. En fait, considérant la quantité de petites perles que j’ai eu le plaisir de lire, je tiens à vous dire que c’est un des plus beaux débuts de session que j’ai eus en tant que professeur-blogueur (et pour ceux qui pensent que je dis ça chaque session, n’hésitez pas à parcourir mes entrées antérieures… Vous verrez que c’est faux).

Afin d’apprendre à vous connaître mutuellement, je vous invite bien entendu à lire les blogues de vos pairs. La section « blogues de mes étudiants actuels » a été mise à jour avec vos adresses. Entretemps, voici un tour d’horizon rapide (et fort restreint) de ce qui s’est dit cette semaine.

Certains d’entre vous se sont immédiatement lancés dans des réflexions sur divers discours médiatiques, ce que je trouve franchement intéressant à ce stade de la session, puisque ces billets annoncent souvent des discussions qui auront lieu dans des cours à venir. C’est le cas de jmrudent qui, à travers l’analyse de THX 1138 de George Lucas, présente une description sommaire des sociétés disciplinaires, notion qui nous occupera durant la deuxième moitié de la session. Dans la même veine, richardrabillon offre une analyse de Fight Club, de David Fincher, qui met la table pour les cours à venir, durant lesquels nous allons discuter de la société de consommation. Dans un billet fort original, thomquebec présente pour sa part la notion des discours « transmédia » — un ajout intéressant aux discussions que nous avons eu en classe au sujet de l’accessibilité des discours artistiques et culturels. Je vous invite également à lire axellesourisse, qui questionne notre rapport aux réseaux sociaux.

Il n’est pas rare, en début de session, que le cours sur la reproductibilité de l’œuvre d’art occupe une place importante dans la blogosphère. Chaque session, je lis des interprétations à la fois fascinantes et originales des idées dégagées par Walter Benjamin. Dans cette veine, je vous invite à lire le blogue hebdomedia, qui propose une belle lecture de la notion de l’art telle qu’elle s’applique aux graffitis et au « street art ». Le blogue mediaburning s’aventure également dans une lecture contemporaine du texte de Benjamin et de ses enjeux, cette fois en se centrant sur la numérisation des œuvres. Richard Lupien, pour sa part, tient un discours à la fois très intéressant et fort bien développé sur la notion de l’aura. Simondesc et khoolz se penchent sur différents aspects liés à la reproduction des œuvres. Et, finalement, deginetdetonic offre un questionnement approfondi et fort bien articulé sur certains enjeux contemporains qui ressortent du fameux texte de Benjamin.

D’ailleurs, je désire attirer votre attention sur l’introduction de ce dernier blogue, que j’ai trouvée à la fois captivante, pittoresque, et tout à fait à propos dans le cadre de ce cours. En y lisant « Il y a mes collègues de classes – je m’y inclus aussi – qui envoient des messages texte pendant les cours », je n’ai pu m’empêcher de sourire en repensant à l’image ci-bas, qui a circulé récemment sur Facebook, et qui fait un point intéressant sur la perspective de l’enseignant qui — même si on ne s’en rend pas compte — voit tout (*)…

Sur ce petit clin d’œil, je vous souhaite une excellente semaine et vous encourage à continuer dans cette voie. La session s’annonce enrichissante!

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(*) D’ailleurs, cette lecture m’a aussi fait réaliser que je n’ai pas présenté ma propre vision quant à l’usage des technologies de la communication en classe. Si certains de mes collègues choisissent de bannir les appareils/ordinateurs portables de leurs salles de classe, une décision que j’ai souvent contemplée, je suis d’avis que l’étudiant est le principal maître de son apprentissage et de sa réussite. Ultimement, bien qu’il ne coûte rien de texter ou de skyper, le faire dans une salle de classe universitaire m’apparaît néanmoins un choix passablement dispendieux. Tout d’abord parce que vous payez pour votre présence en classe, et ensuite parce que, par une expérience éprouvée, je peux garantir que cette pratique tend à se répercuter sur les notes…

Littératie: n.f. (néologisme): l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d'étendre ses connaissances et ses capacités. (Source: OCDE)

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