La liberté de presse selon Stephen Harper

J’ai été estomaqué en entendant les nouvelles ce matin. Parmi les sujets abordés, il était question des réactions de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) en marge d’un discours prononcé par Stephen Harper la fin de semaine passée. Dans ce discours, notre cher premier ministre vantait la liberté des médias canadiens et, surtout, les mérites de son gouvernement qui selon lui contribue à protéger cette liberté de la presse (vous pouvez lire cette nouvelle ici). Je trouverais tout aussi édifiant d’entendre les talibans se vanter de leur apport aux conditions de la femme en Afghanistan… Voici une liste de diatribes en lien avec la supposée liberté d’expression sous l’ère Harper:

  • En 2008, le gouvernement Harper supprime le Système de coordination des demandes d’accès à l’information (SCDAI). rendant du coup beaucoup plus complexe et long le processus d’accès aux informations concernant le gouvernement du Canada (voir nouvelle ici);
  • Toujours en 2008, le gouvernement Harper adopte le projet de loi C-10 qui vise à exercer un plus grand contrôle sur les projets de vidéo et de cinéma obtenant du financement d’organismes fédéraux. Le projet de loi a pour but de s’assurer que les réalisations financées soient « de bon goût », c’est à dire conformes aux vision des conservateurs. Certains se souviendront du film Young People Fucking, dont le titre avait soulevé l’indignation au sein de notre gouvernement un tantinet puritain, et avait participé à la motivation du projet de loi controversé. Bien entendu, il demeure évident que personne au sein de notre gouvernement n’a vu ce film qui ne mérite aucunement la levée de boucliers qu’il a soulevé. Toujours est-il que ce projet de loi est considéré par plusieurs comme de la censure – je partage cet avis!
  • En 2009, le gouvernement annonce des compressions importantes au financement de Radio-Canada et de CBC, le versant anglophone de la société d’État. Si cette nouvelle peut avoir la simple apparence d’un ajustement budgétaire en temps de crise économique, il reste que ces coupures ont pour but d’affaiblir un réseau d’information particulièrement critique à l’endroit du gouvernement Harper. Qui plus est, Radio-Canada/CBC est la seule source d’information publique, ne dépendant pas d’un conglomérat corporatif quelconque. Sans doute est-il plus facile de contrôler l’information qui provient de réseaux médiatiques exerçant une convergence incontrôllée (les Shaw/Telus/Quebecor de ce monde)… Pour ceux qui ne se souviennent pas de cette saga, vous pouvez en apprendre plus long ici, ici et ici.
  • Finalement, pour revenir sur le vif du sujet, il est fréquent de voir les périodes de questions suivant les allocutions de M. Harper écourtées ou carrément annulées. D’ailleurs, lors du discours de la fin de semaine passée, les journalistes avaient été avisés qu’il n’y aurait pas de période de question. C’est un tantinet ironique… et foutement incohérent.

À la lumière de cette très courte liste, qui pourrait aisément s’allonger avec un tout petit peu de recherche sur les actions du gouvernement Harper depuis 2006, il m’apparaît complètement hallucinant d’entendre cet homme de la droite vanter l’apport de son gouvernement en lien avec la liberté de la presse. Le ridicule n’a plus de limites!

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A propos The Prof

Un professeur de communication et de cinéma qui s'initie au merveilleux monde du blogue pédagogique dans le cadre de plusieurs de ses cours.
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