
Bon, je vais rester dans une thématique familière, soit mon intarissable fascination pour le fanatisme de la droite américaine. Je vous promet de changer de disque d’ici peu.
En fait, c’est en lisant un dossier sur la cyberdépendance à la porno sur cyberpresse (ce doit bien être le douzième dossier sur ce thème, mais bon, il y a tant à dire) que le sujet de ce billet m’a frappé de plein fouet. Dans un des articles constituant le dossier, on apprend l’existence de recherches scientifiques visant à prouver que la porno crée une dépendance physique. Oui oui! La porno est aussi néfaste pour la santé physique que l’alcool, la cigarette et l’héroïne. Du moins, comme on l’apprend dans l’article, c’est ce que tente de prouver un certain John L. Harmer. Je cite l’article trouvé en ligne: « Dans son ouvrage publié en 2007, The Sex Industrial Complex, M. Harmer avance que l’exposition d’un jeune à la pornographie peut modifier les connexions nerveuses dans son cerveau, créant ainsi une dépendance à long terme à une hormone liée au plaisir qu’il nomme érotoxine. » Intéressant, le nom de cette hormone, qui mélange Éros et Toxique… Je suis stupéfait!
Mais il y a une information qui frappe avant tout et qui donne le ton à cette nouvelle sensationnelle : M. Harmer est politicien! Un politicien républicain, homme de la droite; M. Harmer mène une lutte contre la porno, notamment par le biais de la Lighted Candle Society, dont il est le président. À titre de groupe anti-pornographie (et donc pro-censure, dois-je ajouter), la Lighted Candle Society se démène pour éradiquer la pornographie. On voit bien dans cette visée tout la nuance que possède la droite! On ne vise pas une meilleure éducation des enfants face aux images, on ne vise pas à développer une meilleure littératie médiatique on sein de la population… non.. On tente d’éradiquer quelque chose de tout à fait ‘non-éradiquable’…Et on fonde une société de recherche scientifique pour faire dire n’importe quoi à des chercheurs. Car d’après la responsable des recherches à la Lighted Candle Society, Dre Judith Reisman, « regarder des films X déclenche une poussée d’adrénaline qui est ressentie dans le ventre et dans les organes génitaux, ainsi qu’une sécrétion de testostérone, d’ocytocine, de dopamine et de sérotonine. «C’est un véritable cocktail de drogues. La pornographie est un excitant extrêmement puissant, qui provoque flashs et euphorie. » »
Le sexe aussi, ça déclenche un ouragan d’hormones. Devons-nous comprendre que les hormones secrétées par notre système sont toxiques, surtout lorsqu’elles sont reliées à l’excitation sexuelle? Doit-on s’attendre à voir apparaître des mises en gardes flanquées de l’icône ‘poison’ sur les boites de films XXX? Ou devons-nous plutôt nous poser des questions sur les motivations de ce cher M. Harmer…?
M’identifiant d’emblée aux visées du féminisme, je suis loin d’appuyer les dynamique de pouvoir promues par la porno « de masse ». Mais je suis encore plus loin d’accepter un discours qui prône la censure par la désinformation, en faisant dire n’importe quoi par des chercheurs dans le simple but de tenir le troupeau au bout d’une laisse plus courte.
Je termine ce billet en rappelant que la droite religieuse a une drôle de façon de s’indigner de toutes sortes de comportements plus marginaux, mais que cette même droite a le don de fournir le plus grand nombre d’acteurs aux scandales de moeurs de toutes sortes – pensons simplement ici à Eliot Spitzer…
J’attends vos commentaires!