La persuasion dans tous ses états!

Cette semaine, mes étudiants devaient écrire un billet de blogue portant sur un problème relié à la persuasion, dénoté soit dans une pub, soit dans un essai, un débat ou une chronique. J’ai été franchement impressionné non seulement par les propos de mes étudiants, mais en plus par les exemples sur lesquels ils se basaient. J’ai pu visionner des vidéos franchement étonnantes, et souvent carrément débilitantes. J’invite tous les lecteurs curieux à consulter la section « blogues de mes étudiants actuels » afin de lire des billets fort édifiants qui explorent des facettes extrêmement diversifiées de la question de la persuasion.

Et pour les plus pressés, qui cherchent à se changer les idées et à rigoler, je prends la liberté de placer les trois vidéos trouvées par mes étudiants sur ce blogue, tout en insistant sur la pertinence d’aller lire leurs billets.

Dans son billet fort intéressant, cyberblogmedia est allé trouver une émission dans laquelle Gilles Proulx démontre un manque flagrant d’argumentation en tenant un propos carrément outrant sur la jeune fille agressée par Frédéric Dompierre, sur la rive-sud de Montréal au début des années 2000. Que de tels propos puissent passer à la télévision me révolte carrément… Et dire que j’entends des gens crier que le féminisme est révolu…Avec des commentateurs de ce genre, il garde TOUTE sa pertinence!

De son côté, Grand Master Chief commente le problème de crédibilité journalistique dans une entrevue de Frank Zappa menée par le journaliste John Loften, et diffusée en 1986. Son billet fait état d’une réflexion fort intéressante! Comme le chef le mentionne lui-même, un des moments les plus intéressants se situe à 6min30.

Finalement, Mr. Bear a réussi à me rappeler la triste réalité radiophonique de la ville de Québec, avec cet extrait de l’émission de Infoman. Les animateurs de Choi Radio X (le « très intellectuel » Stéhane Dupont en tête), qui ont déjà très peu de crédibilité aux yeux de gens moindrement renseignées et lettrées, perdent TOUTE FORME de crédibilité en s’attaquant à Jean-René Dufort, qui est capable, lui, d’argumenter sans torpiller les auditeurs d’une pluie d’énormités et de généralisations non-fondées.

Sur ce, bonne semaine à tous! N’oubliez pas de questionner ce que nos vénérables médias vous servent!

Publié dans Compétences informationnelles, Culture générale, Littératie médiatique, Télévision | 2 commentaires

Mais d’où viennent les sujets?

Voici une petite vidéo, plutôt incroyablement réussie, que je dédie à mes étudiants de cinéma, qui se démènent actuellement avec les théories de Jacques Lacan…

Bon visionnement

Publié dans Cinéma, Culture générale, Psychanalyse 101, Varia | 4 commentaires

Méthodologie et journalisme

S’il y a une journaliste de La Presse qui ne cessera jamais de me fasciner par ses enquêtes originales et fortement authentiques, c’est bien Michèle Ouimet: elle qui a déjà passé une semaine dans un taudis de la rue Ontario pour décrire la vie indescriptible des prostituées et des junkies; elle qui s’est rendue de nombreuses fois au moyen-orient pour mieux nous rapporter l’existence de la femme au Pakistan et en Afghanistan, notamment; elle qui, cette semaine, s’est promenée pendant deux jours en niqab dans divers endroits publics de Montréal, et qui nous rapporte le fruit de ses découvertes dans La Presse d’aujourd’hui (version cyberpresse.ca ici).

Ce billet ne vise aucunement à prendre position dans tout ce débat des « accommodements raisonnables », ravivé cette semaine par l’expulsion d’une étudiante égyptienne d’un cours de francisation pour immigrants donné au cegep St-Laurent. Je m’abstiens de prendre position, trop incommodé par les nombreux problèmes éthiques suscités par les deux côtés de ce débat… Ce sera pour une autre fois…

Non, ce billet s’adresse à mes étudiants de méthodologie de la recherche, qui doivent périodiquement réfléchir à la qualité et aux sources de l’information qui nous parvient. Après avoir lu l’article de Ouimet, j’aimerais que vous réfléchissiez à la validité de l’information rapportée; pensez aux qualités de cette information, ainsi qu’à ses lacunes, car nous allons en reparler en classe très bientôt. Entretemps, ne vous gênez surtout pas pour commenter le tout!

Publié dans Actualité médiatique, Compétences informationnelles, Culture générale, Presse écrite, recherche et méthodologie | 2 commentaires

Nostalgie publicitaire

Je dédie ce très court billet à Gille-luce, qui porte un intérêt envers les côtés plus « obscurs » de la pub dans le cadre de sa recherche.

Voici une vieille pub datant des années 1970, et visant à promouvoir l’usage des transports en commun à Montréal. Elle se trouve sur Youtube depuis plusieurs années déjà, et en ce matin ensoleillé de février je me suis trouvé pris avec une envie irrésistible de la revoir…

Je crois que vous conviendrez avec moi qu’il s’agit d’un objet publicitaire révolu. Et pourtant, en tenant compte de certaines modifications structurales et morphologiques (par exemple, la disparition presque complète du ‘jingle’ et la primauté actuelle du slogan), il reste qu’on trouve encore des pubs du ‘calibre’ de celle-ci.

Bon visionnement! Vos commentaires sont les bienvenus!

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Revue de la semaine

J’ai beaucoup aimé la lecture des blogues étudiants cette semaine; je constate avec beaucoup de plaisir que les projets se précisent et que les étudiants y prennent un certain plaisir.

Les deux documenteurs qui seront tournés semblent bien progresser, et leurs auteurs semblent motivés et créatifs. En effet, Mr. Bear (c’est fou, mais l’image d’en-tête de ce blogue me perturbe encore) nous informe de son intention de dégager un message sérieux à travers les pointes d’ironies et de sarcasme qui garniront sans aucun doute son film; le documenteur de Cheshire’s Cat progresse également bien et les idées de lieux et de thématiques lynchiens semblent se faire nombreuses. Lionnel, de son côté, nous informe de plusieurs aspects intéressants qui sous-tendent sa recherche, et les sources d’information ne semblent pas manquer; finalement, Grand Master Chief démontre une conscience très intéressante des biais possible que sa passion pour le métal pourrait apporter à son travail de recherche sur les préjugés face à ce style musical. Je crois que son constat est important et exemplaire: il est crucial de savoir ce qui pourrait nous faire dévier de la direction que nous comptons prendre avec notre projet de recherche, peu importe sa nature.

Bref, tout avance très bien et je suis impatient d’en entendre plus la semaine prochaine.

Bonne fin de semaine!

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L’université virale

Après le lipdub réalisé par des finissants en communication l’automne dernier, qui a fait le tour du monde en moins d’un mois et qui a motivé un billet sur ce blogue, voilà que les étudiants de l’UQAM récidivent avec une campagne de recrutement pour le bac en communication/marketing. La campagne consiste en fait en une vidéo tournée en ‘stop-motion’, et qui est selon moi fort bien réalisée. Et si la présence de l’UQAM sur le web et sur Youtube découle cette fois d’une visée spécifique (le recrtutement universitaire), il reste que l’idée est fort originale, malgré le choix d’une chanson anglophone – choix que je trouve un peu douteux pour une université francophone…

En effet, il est fort opportun de se demander si ce genre de visibilité ne viendra pas à jouer un rôle tout aussi important pour l’Université que les événements plus traditionnels (galas, colloques, forums, etc.). Bien que ces vidéos ne sont pas liées aux activités universitaires traditionnelles (recherche, enseignement, développement de nouvelles connaissances), il n’en demeure pas moins qu’elles sont tributaires d’une nouvelle situation médiatique, et surtout d’une nouvelle façon de rejoindre les gens. Qui plus est, les deux vidéos en question ont été réalisées par des étudiants au sein des programmes d’études médiatiques et de création; leur mise en ligne témoigne d’une prise de conscience pas ces étudiants de l’importance du monde numérique dans notre réalité actuelle.

Autrement dit, je crois qu’il est pertinent de se demander si le monde universitaire n’est pas en train d’assimiler les techniques propres au marketing viral. En tout cas, c’est selon moi le cas des étudiants en communications de l’UQAM…

Publié dans Actualité médiatique, Internet | 6 commentaires

Que penser du iPad?

Il y a déjà un peu plus de deux semaines que Apple a lancé sa tablette tactile, le iPad. La réception de ce produit, du moins selon mon constat sûrement fort limité, a été plutôt tiède.

Je ne me propose aucunement d’analyser en détail ce produit; mais en tant qu’utilisateur Mac, je tiens à partager ma déception. Il y a déjà plus de 18 mois que la rumeur courait selon laquelle Apple allait dévoiler un ordinateur/tablette tactile. Le iPad n’a pas grand chose d’un ordinateur; il se positionne plutôt comme un gros iPod glorifié – peut-être est-ce pour cette raison qu’il porte un nom aussi loufoque. Selon moi, Apple aurait beaucoup mieux fait d’attendre un peu afin de lancer un ordinateur, et non un appareil qui n’offre finalement que très peu de ce qu’un ordinateur peut offrir. Car au final, qui achètera ce produit? Il nécessite un ordinateur (un peu comme un iPod) et de ce fait ne peut pas remplacer un ordinateur (de toute façon, pour un ordinateur, ses capacités sont plutôt limitées); par ailleurs, il est beaucoup trop gros pour remplacer un iPod.

Résultat? Une belle machine inutile, qui sera sans doute achetée avant tout par des inconditionnels de Apple qui achètent tout ce qui a une pomme – non je ne fais pas partie de ce créneau, malgré ma satisfaction entière vis-à-vis de tous les ordinateurs Macintosh que j’ai eu par le passé.

Pour ceux que cela intéresse, mon collègue Kevin Black a écrit un billet de blogue fort intéressant et beaucoup plus détaillé sur ce nouveau produit. Il saura vous expliquer, sans doute mieux que moi, les incohérences de ce produit.

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Revue de la semaine

Je suis très content de voir la progression des projets de recherche des étudiants du cours de méthodologie. Comme tout le monde est au courant des projets de ses pairs, la revue de cette semaine ce centrera sur les billets qui ont su présenter les projets de façon adéquate et synthétique.

Lionnel nous informe de façon intéressante des raisons et des motivations qui l’ont poussé à faire une recherche sur la cyberdépendance; grand master chief, qui prépare un documentaire sur les préjugés envers la musique métal, nous expose de façon particulièrement intéressante les questionnements qui guident et guideront sa démarche; Cheshire’s Cat se retourne vers son idée originale, soit un documenteur sur l’enfance lacanienne de David Lynch à Rouyn-Noranda – une idée qui est très bien défendue et présentée dans son billet; dimitrilium nous propose avec une clarté saisissante son projet de site web didacticiel, qui vise à se distancier de l’enseignement passif pour se diriger vers un apprentissage plus actif (qui puise dans les théories constructivistes et socioconstructivistes). J’ai élucidé l’équation mystérieuse au bas de son billet, mais je ne vous donne pas la réponse…

J’ai trouvé que TOUS les billets, et ce sans exception, dénotent un souci grandissant pour les aspects essentiels de la recherche, à savoir la formulation claire et synthétique des idées, ainsi qu’un sens critique et éthique face à l’information et sa provenance.

Bref, bon travail tout le monde! J’ai bien hâte de voir où ces projets vont vous mener, malgré le fait que je suis très confiant qu’ils seront particulièrement intéressant.

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Publicité choc, version 2.0?

Il y a quelques semaines, j’ai eu avec mes étudiants une discussion fort intéressante sur les publicités choc et leur apparente inefficacité. Au Québec, la SAAQ (qui fait figure à part en ce qui a trait à ce genre de pub) a beau multiplier d’année en année les publicités choc visant à conscientiser la population des dangers de l’alcool, de la vitesse et de la rage au volant, il semble que la visée de ces pubs n’est pas atteinte. En général, on ne peut pas vraiment observer de changement dans les comportements des automobilistes du Québec.

En voyant la pub ci-bas, qui pose un regard plutôt humoristique sur les dangers des maladies transmises sexuellement, je n’ai pu m’empêcher de me demander si le ton plus léger d’une telle pub ne serait pas plus opportun pour amener la population vers une plus grande conscientisation, pour entraîner par la suite un véritable changement dans les comportements. Certes, cette pub n’est pas faite pour passer pendant les heures de grande écoute – et j’ajouterais même qu’elle n’est pas faite pour s’incruster dans le marché particulièrement morne de la publicité nord-américaine. Par contre, en tant que pub contre le SIDA, elle aborde tout de même un sujet très sérieux par le biais d’un registre léger et rigolo. Ne serait-ce pas une piste à explorer?

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L’Alchimiste ou Lamartine?

Je profite de cette tribune pour jeter mon grain de sel dans un débat que je trouve très intéressant, à savoir la question du corpus littéraire enseigné dans les écoles et CEGEPs du Québec, sujet d’un dossier dans le cahier A de La Presse ce matin. Voici donc une courte réflexion en lien ce dossier, que vous pouvez lire en ligne ici.

La question de fond que soulève ce dossier se résume à savoir s’il faut imposer aux professeurs de français du secondaire et du CEGEP un corpus de lectures obligatoires, de sorte à assurer une constance dans la culture générale que reçoivent les étudiants. Car dans l’état actuel des choses, un élève peut terminer son secondaire sans savoir qui est Alexandre Dumas, et sans avoir lu autre chose que des bouquins que je qualifierais personnellement de paralittéraires (il n’y a aucun élitisme ici; si la culture populaire a une place importante dans la société, je ne crois pas que cette place soit à l’école). En effet, si certains professeurs enseignent des classiques à la fois canoniques et contemporains, d’autres font lire à leurs élèves des bouquins du genre L’Alchimiste (Paulo Coelho) et Twilight (Stephenie Meyer), sans doute pour tenter de plaire à leurs élèves et ne pas trop les décourager de la lecture. Personnellement, je partage l’avis de la chroniqueuse Rima Elkouri, selon qui le rôle de l’école est avant tout de fournir une culture à la population travaillante de demain – et comme le dit si bien Elkouri, cela se fait en mettant « les élèves en contact avec des œuvres vers lesquelles ils n’iraient pas spontanément et qui leur permettront de développer des compétences fines en lecture ». En d’autres termes, la défense du type « je fais lire Harry Potter parce que l’important, c’est que les élèves lisent » passe complètement à côté du but. Il ne s’agit pas simplement de lire, mais également de développer une connaissance culturelle de base et uniforme.

Selon moi, le problème concerne à la fois le corpus et la didactique de la littérature. Car ce n’est pas nécessairement la lecture elle-même qui cause problème aux élèves, mais plutôt les activités effectuées en marge des lectures obligatoires. Il est complètement caduque de faire lire un roman ou une nouvelle pour demander par la suite aux élèves de produire un simpliste résumé de lecture. Il est évident que ce genre d’approche ne peut que décourager et rebuter les jeunes face à la lecture, d’autant plus qu’il n’y a rien de plus simple que de produire un résumé sans avoir lu l’ouvrage, surtout à l’ère de l’internet. Je suis donc de l’avis qu’il faut mieux outiller les futurs enseignants du français face à l’enseignement de la littérature. Et si je ne suis pas nécessairement en faveur d’une liste obligatoire de livres à lire, je suis néanmoins en accord avec la nécessité d’imposer un corpus d’auteurs et/ou de mouvements littéraires, à la fois au secondaire et au CEGEP. Car tant et aussi longtemps qu’on ne réglementera pas l’enseignement de la littérature, et tant et aussi longtemps que les élèves liront des bouquins souvent traduits et appartenant à la culture populaire (souvent anglo-saxonne), il ne faudra vraiment pas se surprendre du déclin de la culture québécoise et française.

J’aurais vraiment beaucoup plus à rajouter ici, notamment sur l’importance d’une formation culturelle consistante et cohérente à travers le Québec, ainsi que sur le rôle de la culture littéraire et médiatique dans le contexte social actuel, mais ce sera pour une autre fois. Entretemps, je vous invite à consulter le dossier sur cybrepresse et à ne pas vous gêner pour partager votre avis.

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